:::: En bas âge, l’idée de devenir curé se présentait à moi comme un plan très solide pour mon avenir de carriériste. Très inspiré après la lecture d’un livre relatant la vie de Paul-Émile Léger – monseigneur aux yeux de Dieu -, le projet de communauté et de générosité chrétienne m’apparaissait comme une ligne de pensée et un exemple de vie infaillible. Toutefois, une légère embrouille métaphysique est venue tout foutre en l’air. Ainsi, vers l’âge de 13 ans, la brebis égarée-retrouvée-évadée que j’étais devenu, tomba face à face avec un nouveau berger; monolithe nihiliste, le punk se présenta à moi.
Ce nouveau gardien dont il est question ici n’est rien du punk qu’on essaie de nous vendre depuis trois décennies – Sid Vicious n’a jamais été rien d’autre qu’une marchandise. Le punk dont il est question ici en est un beaucoup plus idéologique que sonique, beaucoup plus protéiforme que la sombre garde-robe noire typique. C’est un état du punk où la musique n’était qu’une excuse pour faire différemment, pour faire avec un humanitarisme, malheureusement résiduel. C’est un punk qui créa une ligne de fuite qui, à sa suite, structura un réseau d’amitiés underground incroyables qui furent la base même de l’organisation de cette scène D.I.Y. et il s’agit précisément de cette force humaine, de cette communauté qui m’interpella et qui me rappela ce en quoi je croyais dans l’église romaine catholique et que j’avais laissé derrière.
Quelques années plus tard, je me trouvais à sillonner les routes de l’Amérique du Nord dans une van brune, affectueusement renommée Van the Van par D. de Four Hundred Years. Cette première itinérance nord-américaine me permit de constater la véracité de toutes ces légendes de ce monde underground dont j’en avais entendus que les échos des groupes qui avaient usé de l’hospitalité de mes parents.
C’était l’été 1998. J’étais avec G.O.S.et JF. C’était la première tournée de F.H.H.
Trois années plus tard, après avoir laissé F.H.H. et Québec derrière moi, je retournais sur la route, cette fois avec un nouveau groupe, The Frenetics. Ce fut mon dernier tour de piste, ma dernière course contre la montre de ce fraternel réseau sous-terrain en tant que musicien.
Au fil de la dernière décennie, plusieurs rencontres faites au cours de ces années de voyages se sont transformées en solides amitiés. La plupart d’entre-elle ne sont restées que des correspondances, mais combien assidues et franchement ressenties.
Fort heureusement, alors que je mettais derrière moi ces migrations musicales, mes anciens compagnons de route ont continué à tourner, en Amérique, en Europe et en Asie, explorant toujours de nouveaux chapitres de cette confrérie alternative, défiant ainsi l’extinction de cette incroyable aventure D.I.Y mondiale.
Encore aujourd’hui, avec leurs nouvelles formations musicales, ils continuent à produire leur musique dans un esprit où cette notion d’éthique a toujours sa place, que leur esthétique ne serait ce qu’elle est sans ce passé qui à tous changé un peu nos vies… pour le mieux je crois. AMEN ::::
:::: MALCOLM BAULD ::::
vs THE KINKS
vs ELVIS COSTELLO
:::: ROME ROMEO ::::